cat-4718616_edited.jpg

Il est 17h. Mademoiselle du Fresnoy est pensive. Trompant la morosité quotidienne, elle songe dans un coin du cloître à la soirée qui s’annonce. Jeune fille aînée d’une très haute lignée, son avenir est tracé. Pour lui assurer la meilleure éducation, elle a été confiée aux sœurs visitandines de l’Abbaye du Port-Royal à Paris. Bienséance, catéchisme, belles-lettres… Mademoiselle du Fresnoy étudie cela chaque jour. Mais au cœur de ce tintamarre de sciences, c'est un art qui lui tient le cœur. D'ailleurs, c’est aujourd’hui, que M. Charpentier livre sa nouvelle composition...

UNE SOIRÉE AU PORT-ROYAL

_edited.jpg

PROGRAMME

Paolo Lorenzani (1640-1713)

O Quam Suavis à 3 voix

 

François Couperin (1668-1733)

Troisième Leçon de Ténèbres

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)

Miserere à 3 voix

 

Joseph Valette de Montigny (1665-1738)

Benedicam Dominum à 2 voix

Des pièces d’orgue du répertoire classique français sont ajoutées avant chaque motet. Ces pièces sont choisies en accord avec l’organisateur en fonction de l’instrument.

 

Une Soirée au Port-Royal ?

 

A la croisée du Grand-Siècle et de celui des Lumières, l'éducation des jeunes filles bien faites passe par le couvent. Or, celle-ci ne se résume pas uniquement à la prière et au catéchisme, mais laisse une grande place à la pratique du chant et de la musique.

 

La route de ces femmes en devenir est celle que nous vous proposons. Elle s'élève dans la douceur de Lorenzani, s'entremêle de gravité et de grâce chez Couperin, culmine dans les ténèbres de Clérambault et finit par doucement accoster à la lumière de Montigny. Ainsi, la musique des couvents de la fin du XVIIè siècle ne se limite pas à la noirceur du temps, mais explore bel-et-bien toutes les couleurs de l'âme baroque.

 

Le temps de cette soirée au Port-Royal, ou ailleurs, au sein d’une chapelle que seules les bougies éclairent, les spectateurs entendraient presque résonner de hautes voix dans le plus enivrant des mélanges.